Lundi 19 janvier 2009
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E.V.S.
La précarité dans l’Education Nationale.
C’est la loi du 11 Février 2005 qui annonce que l’école doit être accessible à tous…Très bien mais maintenant il s’agit de voir
comment ça marche dans les faits ..Des classes parfois surchargées avec un ou plusieurs élèves en situation de handicap, du coup les écoles ont besoin de personnels supplémentaires pour assurer
toutes leurs missions. D’où la création d’un nouveau dispositif : les emplois de vie scolaire ( EVS).
Le recrutement des EVS :
Ce sont les ANPE locales qui ont demandé et recueilli les candidatures pour les bénéficiaires de l’allocation de parent isolé (API) et
de l’allocation spécifique de solidarité (ASS), et le Conseil Général pour les bénéficiaires du RMI. Les agences locales ont proposé à l’Inspection Académique et/ou chefs d’établissements
une liste de personnes correspondant aux critères d’accès à ces contrats. L’Inspection Académique et/ou les chefs d’établissements recrutent ces personnels à partir de ces
candidatures.
Les personnes retenues après un entretien se sont vu proposer des contrats de travail appelés « contrat d’avenir » ( CAV )
ou « contrat d’accompagnement dans l’emploi » (CAE ).
Ce sont des dispositifs nouveaux que peuvent mobiliser les collectivités territoriales pour favoriser l'embauche des bénéficiaires de
minima sociaux.
Ce sont des contrats de droit privé aidé par l’Etat de 20h ou 26h par semaines, de courtes durées et renouvelables pour une durée
maximum de 24 mois. Ils remplacent les CES ou CEC. Ces contrats ouvrent droit à une attestation de compétences délivrée par l’employeur. Celle-ci est prise en compte pour la validation des acquis
de l’expérience.
Le FSU en 2007 en recensait :
· 2000 dans l’enseignement
agricole
· 32500 EVS (emplois de vie
scolaire) dans le premier degré dont plus de 7000 AVS (assistants de vie scolaire)
· 17000 aides au directeurs
d’école
· 32000 sur la fonction de
surveillance ou d’AVS dans les établissements de second degré
Aujourd’hui il y en a beaucoup plus.
Les fonctions des EVS :
C’est la circulaire du 29 Juillet 2005 qui définit les fonctions des
EVS en général :
-
Assistance administrative,
-
Appui à la gestion des fonds documentaires,
-
Diffusion des nouvelles technologies de l’information,
-
Participation à l’encadrement des sorties scolaires, aide à l’animation des activités culturelles, artistiques ou sportives,
-
Aide à l’accueil, à la surveillance et à l’encadrement des élèves,
-
Aide à l’accueil et à l’intégration des élèves handicapés.
Nous dirons que les emplois en question peuvent être très riches quant à la variété des missions
proposées. Il est fort intéressant de noter qu’elle a permis aux personnes en poste de trouver un intérêt certain dans leurs emplois et, par là même, de s’investir, dans la majorité des cas, de
manière extrêmement intense. Dans le cas des AVS ou EVS ASEH qui partagent la scolarité d’élèves en difficulté du à leur handicap, la relation de confiance réciproque qui a parfois été
longue à mettre en place ne peut être que bénéfique à la réussite de l’élève et de son accompagnant.
Ces personnes, après avoir été privées d’emploi pendant suffisamment longtemps pour pouvoir
bénéficier des minimas sociaux, ont retrouvé un équilibre fragile, une certaine stabilité. L’accès à des conditions de vie très, très légèrement supérieures aux minimas sociaux et aussi
l’estime de soi retrouvée pour certaines, aurait pu donner un peu d’espoir à toutes ces personnes. Mais l’espoir retombe rapidement car 2 ans ça passe vite.
Ces contrats sans avenir n'offrent aucune perspective ni pour les écoles
qui en bénéficient
ni pour le salarié: retour à la précarité pour ce dernier qui n'a eu aucune formation véritable en cours d'emploi, 60h de bavardage avec des intervenants pour certaines AVS et EVS ASEH
( mais pas toutes !) dont 12h de formation aux premiers secours, et incertitude pour les écoles quant à la poursuite du dispositif.
Sous les termes de "contrats aidés" il faut lire, en fait, que c'est l'employeur qui bénéficie des aides financières (paiement des charges patronales, prise en charge d'une partie du
salaire en reversant le montant de l'ASS, RMI ou API). Que reste-t-il du contrat aidé pour le salarié? Sans doute la "chance" d'avoir un contrat à durée déterminée (sans aucune perspective
d'intégration dans la structure employeur), à temps partiel et donc avec une rémunération ne pouvant excéder 832€ par mois, des aides sociales supprimées du fait du changement de statut et une
formation au rabais ou inexistante.
Plus grave, en cas de refus d'un contrat de ce type proposé par l'ANPE il y a menace de radiation. Voilà comment résoudre à peu de frais le problème du chômage!
Comment appeler ces contrats autrement qu'une légalisation de l'exploitation de l'homme par l'homme?